Fro’roots, Afrobeat, Afropop, Africajarc 2008 !
28 juillet 2008 - 0:50Ah maman ! Moi aussi j’en veux ! Le calcaire chauffé à blanc par le soleil du Quercy. Les murettes et cabanes de pierres sèches. Les moutons traversant nonchalamment cet étroit ruban de bitume brûlant. Les villages aux fiers clochers assoupis dont les cadrans semblent en permanence indiquer midi. Les cours d’eau discrets sous le couvert de vieux chênes rabougris, espérant ainsi ne pas être tirés de leur lit par un jour trop clair et trop chaud. J’en veux ! Je n’ai même pas mis la musique… ni la clim’. Je roule toutes fenêtres ouvertes. L’air chaud s’engouffre et c’est bon. Je passe la place déserte de Limogne, monte quelques kilomètres puis en redescend autant. J’arrive à Cajarc… Pompidou n’y est plus bien sûr, mais je vous le donne Emile, il y a une rue Coluche. « Est-ce que le schlimili…schilimi… schmili… est-ce qu’on peut le mettre dans le biberon des enfants, une fois ?«
Cajarc donc ! Il y a du monde partout ; jeunes ados, vieux ados, sacs à dos… Partout on entend les roulements de Djem bé. Parfois un simple chuchotement. Ailleurs un appel assourdissant au ralliement autour d’une danse transe effrénée. Couleurs et odeurs s’entremêlent. Epices et gingembre chez Mami Wata. Ambre, musc et patchouli de la « bab’itude« . J’y suis. Africajarc, le mini Woodstock Aveyronnais aux échos d’Afrique. Les tresses, les dreads, les locks et même des tout-petits avec pas beaucoup de cheveux, qui courent partout. Alexandra, qui a déjà beaucoup d’avance sur moi, me propose une bière. Partout on palabre à grands renforts de gestes et de rires sonores. Jean-Marc et Anne-Marie tiennent le stand. Natacha, aussi belle et noire que je suis pâle et petit, me montre sur son portable les photos de son fils, Lucas, puis d’autres images, cette fois incongrues, de Cabrel sur la place du village. Elle se marre ! Un peu à l’écart un conteur charme son public. Tam-tam et Balafon plus loin encore. A la buvette un panneau triangulaire prévient d’un « passage de rhinocéros« . Je continue vers la berge. Quelqu’un m’explique qu’Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly ne sont pas copains du tout. Mais alors pas du tout ! Si tout ne les sépare pas, le mur infranchissable s’appelle Laurent Gbagbo. Le premier étant plutôt pour, l’autre non. Aie ! A côté de la grande scène le Lot trop paresseux coule sans faire de vagues. Il s’en fout, lui. On n’a pas dû lui dire pour la Côte d’Ivoire… C’est la fête ! Mon week-end à Cajarc…
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