« Le temps est la plus longue distance entre deux endroits ».
23 octobre 2008 - 22:52J’étais d’humeur badine. Une journée où je n’avais virtuellement (là, ça si ce n’est pas encore un anglicisme…) rien fait. Ou alors si, un tas de trucs, mais virtuellement… Enfin, une de ces journées douces, à l’indice de productivité proche du zéro absolu. Je m’octroyais donc une petite récré sur l’excellent FAIL, question d’ajouter à mon insoutenable légèreté. J’en étais là, entre deux hoquets et un doigt de porto, à m’instiller quelques gouttes de collyre dans l’œil droit… Paupières d’une main, pipette de l’autre, opercule entre les dents lorsque, pris d’un éclat de rire tardif et incontrôlé, j’avalais le petit morceau de plastique. Même pas senti passer ! Mais cela m’a fait réfléchir… Ces anniversaires dont on n’a rien à secouer, comme la chanson de Stevie Ray un peu plus bas… Ben là, pareil ! Rappelez-vous de l’homme qui faisait dire dans « La descente d’Orphée » :
« Sur cette terre, qu’est-ce qu’il y a d’autre à faire que s’accrocher à tout ce qui passe, jusqu’à ce que nos doigts soient arrachés ?«
Hé bien là, il y a vingt cinq ans aussi, cet auteur unique lâchait prise… Tout génialissime qu’il était, Tennessee Williams, responsable entre autres de « La Nuit de l’Iguane« , d’ »Un Tramway nommé Désir » ou d’ »Une Chatte sur un Toit brûlant« , se retrouvait seul et abimé dans sa chambre d’hôtel New Yorkaise. Février, il faisait moche et froid. Icare aux ailes brisées, malade et dépressif, alcoolique accro aux barbituriques et à la cocaïne il mettait, accidentellement,
un dernier « point final » à la ligne en s’étouffant sur le bouchon d’un flacon de collyre. Ca tue, hein ?!.. Bon, moi j’l'ai avalé le mien. Et encore, ce n’était qu’un tout petit truc de rien du tout. Et puis je n’ai pas encore eu le temps d’écrire quoi que se soit qui me Pulitzerait, moi… Alors ce n’était pas le moment. Mais ça m’a fait penser qu’après avoir relu mes deux Sagan, je pourrais peut-être ressortir mes vieux Williams. J’vous jure, ça vaut l’coup !..
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Enfin me voilà rassuré, depuis la mort de Tennessee Williams, je ne mangeais plus de bretzel. La version officielle de la mort de cet écrivain génial ; étouffement au bretzel. La CIA de l’époque devait avoir des intérêts dans une fabrique de collyre, tandis que les rouges inondaient le marché Américain avec des bretzels fabriqués industriellement derrière le rideau de fer. En attendant confirmation j’arrête dès tout de suite le collyre. C’est trop dangereux et en plus on nous ment. Sniff !