De la pelle au charbon, il n’y a qu’un « sot ». Moi…
12 novembre 2008 - 1:38
Jean-Paul Riopelle
Edward s’était éveillé un matin avec l’impression plus forte que tous les raisonnements qu’il perdait sa jeunesse. « Je perds ma jeunesse », se dit-il. « Aucune force ne peut m’enlever cette idée. Elle commande toute ma vie. »
Il songea que tous les efforts qu’il avait tentés depuis cinq ans ne visaient qu’à se prouver qu’il ne vivait pas en marge du monde. Il avait tenté de s’embarquer avec André pour l’Éthiopie, il avait fui au cloître, il avait… Partout, il n’avait abouti qu’à une triste faillite. Il demandait si peu, croyait-il, pour sacrifier sa jeunesse. Et il se jugeait durement de n’avoir pas trouvé l’idée ou l’homme capable de l’attacher.
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