Eté… Automne sabbatiques. Hiver ?..
25 novembre 2009 - 1:53 || Faites moi plaisir !

Normal ! A 4 heures du mat’, j’suis tranquillement en train de prier Saint Hank Moody de me délivrer du Bien, quand le timbre du téléphone trouble soudainement ma repentance :
« Allo ! » Dis-je, perplexe. « Que me le vaut-il ? »
« (…) Ah ! Hi ! Hi !.. J’suis en train de faire des crêpes… »
« Oui !?.. »
« J’avais envie d’sucré… Alors j’fais des crêpes… Euh ! Ho !.. »
« C’est bien… »
« Hi ! Hi !.. (bruits divers…) J’sais pas pourquoi j’appelle ! »
« (…) Faut qu’on parle… »
« (… & le ding-dong de Windows) »
« Je… Tu… Nous… (bla, bla, bla…) »
« Dis pas ça… »
« Mais je dis ce que je veux… »
« (…) »
« On se voit quand ? »
« (…) »
« Ou pas… ! »
« (…) J’ai bu trois litres de vin… Hi ! Hi !.. »
« Oui ?!.. »
« Mais pas toute seule… »
« Oui… »
« J’aurais pas du appeler ! »
« Bon… »
« C’est mieux comme ça… »
« Oui… Mais non ! Je… Tu… Nous… (bla, bla, bla…) »
« Dis pas ça… »
« Mais je dis ce que je veux ! »
« T’es con… »
« Fallait pas appeler… »
« Mais t’as dit ça ! Et encore ça !.. »
« Beuh !.. Et toi t’as rien dit ! »
« Si ! Mais tu comprends que ce que tu veux ! »
« J’comprend c’que j’peux… »
« Facile !.. Puis on n’y est pas du tout ! »
« On est où on veut !.. »
« Hi ! Hi ! Trois litres de vin… »
« Perspective et point de vue… »
« Faut qu’j'arrête de boire ! »
« Je t’aime… »
« Dis pas ça… »
« Mais je dis ce que je veux… »
« (…) »
« On se voit quand ? »
« T’es con… »
« Fallait pas appeler… »
« C’est mieux comme ça… »
« J’suis pô convaincu ! Je… Tu… Nous… (bla, bla, bla…) »
« Dis pas ça… »
« Ouais ! En fait, t’as raison. Allez ! Bisous, bye ! »
Ca arrive comme ça… Lorsque t’as fini de te demander « … Mais pourquoi suis-je ?.. », le soleil te mange la face sans retenue. Les déjections de clebs semblent avoir déserté le trottoir déroulé pour toi. La grande-nouvelle-qui-t’a-jamais-vu te donne deux croissants-beurre sur un « Mais ce n’est pas grave Monsieur ! Vous viendrez les payer plus tard !.. » Puis tu passes le Musée des Augustins avant de traverser la rue de Metz… Là, un air des Brazilian Girls… Une fille magnifique perchée sur son vélo te sourit comme à un vieil ami, avant de disparaître au coin d’Alsace-Lorraine… Tu continues, amusé de cette complicité aussi inattendue qu’éphémère, vers la rue Croix-Baragnon. Tu fais tes résa d’hôtel. Les proprios ne te laissent plus partir, te racontent leur projet de voyage à Brisbane… Tu souris et expliques gentiment qu’il te faut encore passer à la Galerie Daudet, rue de la Trinité, parce que tu n’auras pas le temps de faire le vernissage du soir… Puis, une fois que c’est fait, tu t’arrêtes Place des Carmes pour prendre un petit café… Toutes les tables sont occupées, mais ce n’est pas grave… Tu t’assoies sur les marches et goûtes encore le sourire de la femme à la bicyclette, la clope, le kawa et le soleil… Tu te lèves et pars bosser. T’as pas de regrets parce que tu as ce bol inouï d’aimer ce que tu fais !.. Ensuite, lorsque tu sors, le soleil est encore là. Comme s’il t’attendait. Alors, tu remontes les Allées Jean Jaurès jusqu’à la sieste qui t’attend dans ce havre de paix, à l’ombre de l’église Saint Sylve. Le téléphone sonne. Tu te Lèves, te changes et pars… Le Phare est à Tournefeuille. A perpèt’ ! Mais ça ne change rien. Tu retrouves ton pote devant la salle, puis d’autres après la première partie. Et là !.. Mais là… Tu te fais démonter la tête par Alice Russell et ses musiciens !.. Ca arrive comme ça…
Où Françoise Sagan me fait chavirer, parce que je le vaux bien !..
(…) Il dirait « oui, bien sûr » avec l’espèce de satisfaction qu’il prenait chaque fois à découvrir les tricheries de la vie, un réel enthousiasme à commenter l’absurdité de l’existence, leur entêtement à la prolonger. Seulement, tout cela était compensé chez lui par une incessante vitalité, de durs appétits et, au fond, un grand contentement d’être qui ne s’arrêtait qu’avec son sommeil. Alors, il s’endormait d’un coup, la main sur le cœur, aussi attentif à sa vie en dormant qu’éveillé. (…)
« Et vous, je vous accuse de n’avoir pas fait votre devoir d’être humain. Au nom de ce mort, je vous accuse d’avoir laissé passer l’amour, d’avoir négligé le devoir d’être heureuse, d’avoir vécu de faux-fuyants, d’expédients et de résignation. Vous devriez être condamnée à mort, vous serez condamnée à la solitude. »
Il s’arrêta, but son verre de vin d’un trait. (…)
Vous êtes seule, le dimanche ; vous dinez seule et probablement vous… vous dormez seule souvent. Moi je dormirais contre vous, je vous tiendrais dans mes bras toute la nuit, et je vous embrasserais pendant votre sommeil. Moi, je peux encore vous aimer.
© Aimez-vous Brahms… : Françoise Sagan

… et à dans une semaine (si j’me gamelle pas trop…)
Il y a des jours où le soleil brille même lorsque la lumière a disparu. Ces jours d’hiver qui sont toujours trop courts. Jours de janvier où un enfant de douze ans est tellement pété de devoirs qu’il n’en imagine pas la fin. Jours sombres qui n’en finissent pas d’être minuscules. Et c’est un de ceux-là que Noé vivait, l’autre jour…
Tout désespéré, contrit et contraint. Devoirs le matin, devoirs le midi, devoirs l’… Puis la pause. « Merci papa ! Je peux aller chez machin ? Cool ! Merci, merci p’pa !… » Trois heures plus tard, je retrouve Ninotchka aussi noir que le jour est sombre, tout en « Non, non… Ca va… » et moi, je sais bien que ça ne va pas du tout. Je le prends dans mes bras, lui caresse la tête et là, en moins de temps qu’il n’en faut pour dire fontaine, il m’inonde de larmes, de hoquets et de sa colère d’enfant. « Oh ! J’en ai trop marre ! J’me suis jamais autant ennuyé ! J’y vais plus chez lui ! Tu sais p’pa… Si j’avais su, on s’rait allé se balader tout les deux. Lui, y a que sa DS qui compte. J’pensais qu’on aurait pu aller jouer dans le bois derrière sa maison. Mais lui, y faisait que jouer à Mario Kart. Et moi, ça m’intéressait pas. J’étais assis sur son lit et j’m'ennuyais. J’suis dégouté ! Y s’intéresse plus à rien. Tu sais p’pa, avant on faisait plein d’trucs et on bricolait des horloges… Maintenant c’est DS-Mario-DS-Mario-DS-Mario !.. J’en ai trop marre !..«
Alors on est allé s’allonger tout les deux. On a attendu que le torrent se tarisse un peu. J’ai fait de mon mieux pour trouver des choses tendres et drôles à dire. Avec Noé, ça n’est jamais trop difficile… Puis il restait encore des devoirs à faire, mais ça se passerait bien. Son sourire est revenu, à la promesse des trucs dingues qu’on ferait ensemble. Lui à ses cahiers, j’suis vite allé bricoler une image sur PhotoFunia avant de l’appeler « Hé ! Noé ! Viens voir !.. » J’aime ça, lorsque je suis assis, l’avoir là, debout à côté de moi. Il pose son bras sur mes épaules, autour de mon cou… Et moi j’lui dis « Tu vois mon cœur, t’es une star. T’es tellement populaire qu’on t’a affiché dans une galerie. C’est pas d’la balle, ça ?!.. » Alors on a rigolé. On a deconné un peu avec l’ordi. J’ai préparé du riz cantonnais. Il a compris toutes ses Maths. On a bavardé. Je lui ai raconté l’étrange histoire de Benjamin Button avant de le border. Je crois qu’à vingt deux heures, le soleil brillait vraiment dans sa journée. Fatch’ ! C’est pô plus compliqué que ça…

Le réel avantage qu’il peut y avoir à travailler tard, ce sont les rues désertes. Là, les mains au fond des poches parce qu’il fait froid, et une paire d’écouteurs pressée sur les tympans jusqu’aux nerfs optiques, on peut aisément mettre de côté toutes ses inhibitions et aboyer un très approximatif « na na… smoooke on ze woter !.. faïeur in ze ska-aïe !..« , sans que quiconque y trouve à redire ou passer pour un demeuré… Ouhh !.. Et ça fait du bien. Et je dis ça, mais ça marche aussi avec The Do ou « The Tire Swing » de Kimya Dawson. Il faut juste éviter le pas dansant qui pourrait être mal interprété si, d’aventure, une voiture banalisée venait à croiser par là…
Et voilà, les fêtes de fin d’année pointent le bout de leurs tickets de caisses. Noël ! Hmm !.. Je ne sais pas, peut-être… Mais en bon païen et pour respecter l’esprit festif, je me laisserai aller, ce vingt et un décembre, à quelques agapes. Solstice d’hiver, les jours commencent à rallonger. Noé et moi trouveront sans doute quelque vierge à sacrifier et j’officierai en druide sénile, tandis que le nain se jettera sur ses cadeaux… Noël donc !.. Encore, on me décocacolariserait le Père Noël, je ne dis pas… Un p’tit Saint Nicolas comme en Bavière… Non. Même. Vraiment… Bon, j’ai assez d’humour (et il en faut lorsqu’on fait ses courses chez Lidl !..) pour passer au travers et apprécier du pigeonnier le vaudeville du « travailler plus pour gagner plus », des « subprimes » et autres florilèges de scandales sociaux-politico-financiers. On s’en fout, c’est Noël ! Et moi qui, le plus souvent, vais à pieds, cela me rassure de savoir que si « la France avance, Renault accélère !« … Ce qui m’amène tout naturellement à cette pub’ d’il y a deux ans, où Bentley répondait à ses concurrents, et qui me fait encore péter de rire. Surtout si, dans le contexte actuel, elle s’adressait au consommateur frileux que je suis. Hé ! Joyeux tout c’qu’on veut !..
Bon… Hé ! Un blog, c’est aussi pour déconner. Et quand on a cinq minutes à foutre en l’air, entre une vaisselle et une lessive et que le bouquin qu’on devait absolument lire est lu, ou perdu… On peut toujours aller se faire une toile ! Littéralement. Là, les liens, tout le monde les connaît. Mais il est toujours bon de les rappeler. Allez-y ! Montez, sous-titrez un film et partagez le. Je ne pense pas que vous contreveniez à la loi HADOPI… Zou ! Je vous montre à quoi j’ai perdu mes cinq minutes :
« On ne va pas abandonner notre pays à cause d’une petite croix mise sur les bulletins de vote. Comment un stylo-bille peut-il battre un fusil ?«
D’un gouvernement bicéphale, les gens avaient cru qu’après le fameux accord, tout allait bien se passer dans la cohabitation entre les différents protagonistes de la crise. C’était sans compter avec la mauvaise foi de Papy Bob qui a voulu tout simplement signer l’accord pour gagner du temps.
Mais voilà qu’une fois que le calme est revenu, le naturel a repris le dessus, alors que le premier ministre n’a pas encore pris fonction. Et comme si un malheur ne venait jamais seul, en plus des difficultés politiques, sont venus se greffer des problèmes sociaux, notamment le choléra.
Ce qui n’arrange pas les choses pour les Zimbabwéens qui sont pris entre l’enclume Robert Mugabe et le marteau de dinosaure cette épidémie. Sans doute que la Communauté internationale ne lui facilite pas la tâche. On lui met pas mal de bâtons dans les roues pour l’obliger à partir. Et si cela arrivait, il l’aurait bien mérité.
© l’Observateur : Hamidou Ouédraogo

On a beau dire, beau faire… Autre pays, autre dictateur et toujours un peu la même chanson :
Aujourd’hui, j’ai douze ans, puis quinze et seize. J’ai quarante neuf ans, aussi… J’ai vingt ou vingt quatre. J’ai ma première mobylette. Mes romans de Frison-Roche. Ma première paire de Kneissl. Mon premier joint. J’ai toutes les filles qui m’ont eu et celles qui m’ont aimé, aussi… J’ai l’âge du temps qu’il fait et de tous mes voyages. Douze, dix-huit, trente, trente-neuf… Ma première Honda. Les coups de kick de la Norton. J’ai Vian, mes billes, les anarchistes, mon Meccano, le cinéma et St Jo. J’ai tout mon temps et encore pas assez. J’ai tous les âges mais, ce matin, j’ai douze ans… J’ai la douceur et le chaos de la vie. J’ai tout dans le désordre. Brahms, les Ramones et ces histoires à la con de Pierre Bellemare…
Mais ce matin, dans les yeux de Noé, j’ai douze ans. Mon sac est trop lourd. Dehors, il fait froid et le jour peine à se lever. Une tonne de Nutella sur ma tartine, le kiwi était sucré et j’ai bien aimé les Miel Pops… On rit, on parle. On parle… « Hé ! Non, Noé… Je t’achèterai pas une Nintendo DS »
La porte s’est refermée doucement. Noé est parti au Collège. « Je t’aime, papa ! » « Je t’aime aussi, Noé ! » « Non ! Moi plus » « Moi plus ! » « Non, moi !.. » Il est parti avec ma trottinette. J’vais débarrasser la table et télécharger deux trois conneries. Ce matin, j’ai douze ans. J’ai la banane. J’grandirai jamais. C’est dit ! Je sais que je ne vieillirai pas. J’ai douze ans…
« Tout le monde court après sa jeunesse. A douze ans, on court après un cerf-volant. Puis, on court après son âme d’enfant.«
Regarde maman, si c’est pas une aubaine ça ! J’ai trouvé le créatif dont on avait besoin au cinéma. Voilà qu’au lieu de réfléchir aux prud’homales Binôme nous fait un strip. Remarque, c’était ça ou monter un redresseur électronique sur le projecteur numérique. Et après, il me dira qu’il n’en peut plus, qu’il a bossé toute la matinée… Alors qu’en fait, je sais très bien qu’y fait qu’à s’amuser avec Comic Life, le petit shareware de chez Plasq qu’y s’est installé sur son iMac. Et mon iDroit à l’iMage alors ?!..

« Les mots sont fragiles parce qu’ils ont trop servi. Ils s’émiettent au moindre contact comme une aile de papillon séchée. C’est pour cela que tant d’hommes ont tenté de les épingler dans les pages d’un livre.«
Un jeune médecin sombre dans le désespoir… Cela ne se passe pas au Café de Flore. Cela n’a pas non plus le parfum « rive gauche » des égéries parisianistes. Non… On est plutôt au sud du sud de la rive sud du Saint-Laurent. Morne plaine. Ici, pas de jolis réverbères mais des néons criards, une tragédie existentialiste et son climat hivernal lugubre. Les pages du roman sont assombries par la poussière grise de l’amiante. L’histoire a été écrite il y a 55 ans.
Dans « Poussière sur la ville » Alain Dubois, médecin établi dans la petite ville minière de Macklin, révolté contre les règles répressives de la société, traîne son désespoir et son incapacité à communiquer. Incapable d’établir une relation de confiance avec la population qu’il doit servir, il sent aussi Madeleine lui échapper graduellement. Passionnée, la jeune épouse, connaîtra avec Richard Hétu une aventure à laquelle les prêtres de la paroisse mettront fin. Plus tard, le suicide de Madeleine renforcera la décision de Dubois de demeurer à Macklin pour pratiquer la médecine, autant par compassion que vengeance.
En 1968, Arthur Lamothe adapte avec succès le roman de Langevin pour le cinéma.
Voilà, voilà… Ca me fascine. D’abord le livre « Poussière sur la ville » que j’ai dû étudier au bahut, et retrouvé entre deux Eric-Emmanuel Schmidt pas intéressants du tout, mais surtout, le silence d’un auteur qui se tait lorsqu’il n’a rien à dire.

Jean-Paul Riopelle
Edward s’était éveillé un matin avec l’impression plus forte que tous les raisonnements qu’il perdait sa jeunesse. « Je perds ma jeunesse », se dit-il. « Aucune force ne peut m’enlever cette idée. Elle commande toute ma vie. »
Il songea que tous les efforts qu’il avait tentés depuis cinq ans ne visaient qu’à se prouver qu’il ne vivait pas en marge du monde. Il avait tenté de s’embarquer avec André pour l’Éthiopie, il avait fui au cloître, il avait… Partout, il n’avait abouti qu’à une triste faillite. Il demandait si peu, croyait-il, pour sacrifier sa jeunesse. Et il se jugeait durement de n’avoir pas trouvé l’idée ou l’homme capable de l’attacher.
Flight of the Conchords !
Pour ceuzécelles qui n’ont pas encore, même par inadvertance, dé-rappé dans l’univers décalé de Bret et Jemaine, je vous invite à suivre leurs petits tracas quotidiens et leurs amours contrariées en saynètes, mais surtout en chansons absurdes. Dans un style « digi-folk », les deux musicos Néo-Zélandais parachutés à New-York dans une chambre du quartier chinois, et chroniquement désargentés, racontent leur quotidien à travers douze épisodes hilarants de « Flight of the Conchords« . Encore une fois, merci HBO !..
Groin de cochon, yeux exorbités, grotesques, souvent drôles, ses portraits sont d’abord conçus pour provoquer. Certes, cela ne plaît pas à tous. Encore moins quand le propos illustré vise à réveiller les consciences. Placid assume. Lui qui a réalisé près d’une centaine de couv’ pour la maison d’édition très engagée « L’Esprit Frappeur » a vu le ministère de l’Intérieur, alors dirigé par Daniel Vaillant, porter plainte contre lui pour “injures”.
En cause, le policier peu amène sur le livre “Vos papiers ! Que faire face à la police ?”, écrit par le syndicat de la magistrature. Après une première relaxe, le nouveau ministre fera appel de cette décision. Ça n’empêche pas Placid de dormir. Cet éternel ado de 45 ans défend ses convictions : “Je ne suis pas là pour donner des leçons de morale. Mais je viens en soutien du texte, quand je pense qu’il est juste.” Pas si placide, donc. Même s’il estime s’être calmé avec le temps : “A 16 ans, mon style était plus agressif. Aujourd’hui, j’aime toujours l’humour absurde, mais je m’attendris davantage sur mes personnages.”
Conclusion : 500€ d’amende ! Le dessinateur Jean-François Duval alias Placid a donc été condamné à la cour d’appel ou il s’est présenté sans avocat, faute de moyens…
L’éditeur a été condamné à 800 euros d’amende pour complicité et Benoît Schouler, l’auteur, condamné a 1000 euros d’amende.
Comme quoi, une fois de plus, on constate qu’il est possible de rire de tout mais pas avec n’importe qui. On peut moquer le Prophète mais gare à vous si vous caricaturez la maréchaussée !
Fish tank ! Not think tank !.. Ou comment le sport nuit gravement à la santé des petits poissons. Je sais, c’est con mais moi ça me fait marrer (avec mon p’tit café – clope du matin et mes halteres au pied du lit)…
J’étais d’humeur badine. Une journée où je n’avais virtuellement (là, ça si ce n’est pas encore un anglicisme…) rien fait. Ou alors si, un tas de trucs, mais virtuellement… Enfin, une de ces journées douces, à l’indice de productivité proche du zéro absolu. Je m’octroyais donc une petite récré sur l’excellent FAIL, question d’ajouter à mon insoutenable légèreté. J’en étais là, entre deux hoquets et un doigt de porto, à m’instiller quelques gouttes de collyre dans l’œil droit… Paupières d’une main, pipette de l’autre, opercule entre les dents lorsque, pris d’un éclat de rire tardif et incontrôlé, j’avalais le petit morceau de plastique. Même pas senti passer ! Mais cela m’a fait réfléchir… Ces anniversaires dont on n’a rien à secouer, comme la chanson de Stevie Ray un peu plus bas… Ben là, pareil ! Rappelez-vous de l’homme qui faisait dire dans « La descente d’Orphée » :
« Sur cette terre, qu’est-ce qu’il y a d’autre à faire que s’accrocher à tout ce qui passe, jusqu’à ce que nos doigts soient arrachés ?«
Hé bien là, il y a vingt cinq ans aussi, cet auteur unique lâchait prise… Tout génialissime qu’il était, Tennessee Williams, responsable entre autres de « La Nuit de l’Iguane« , d’ »Un Tramway nommé Désir » ou d’ »Une Chatte sur un Toit brûlant« , se retrouvait seul et abimé dans sa chambre d’hôtel New Yorkaise. Février, il faisait moche et froid. Icare aux ailes brisées, malade et dépressif, alcoolique accro aux barbituriques et à la cocaïne il mettait, accidentellement,
un dernier « point final » à la ligne en s’étouffant sur le bouchon d’un flacon de collyre. Ca tue, hein ?!.. Bon, moi j’l'ai avalé le mien. Et encore, ce n’était qu’un tout petit truc de rien du tout. Et puis je n’ai pas encore eu le temps d’écrire quoi que se soit qui me Pulitzerait, moi… Alors ce n’était pas le moment. Mais ça m’a fait penser qu’après avoir relu mes deux Sagan, je pourrais peut-être ressortir mes vieux Williams. J’vous jure, ça vaut l’coup !..
Quel joli weekend d’automne. Syntonisé sur Radio Classique, levé tard, je bricolais des œufs brouillés, des saucisses, des « beans » et des toasts pendant que Noé finissait un roman de Troyat. J’avais fait du thé vert, puis du café noir pour Pilou qui allait passer. Nous parlerions motos, ciné, éventuellement de cul, de la vie et des choses qui vont bien. La veille avec Ninotchka nous avions passé en revue ses leçons et fini sans trop de difficultés ses exercices de physique. Il était heureux d’avoir travaillé avec moi sans que j’aie à hausser le ton et, plus encore, de voir ses notes au collège remonter après un passage à vide. Nous allions nous promener et se serait bien. Pour l’instant il était encore en pyjama et j’allais servir.
Après le brunch, j’étais en train de faire la vaisselle, porté par un aria qui remplissait la pièce. Les fenêtres étaient ouvertes. Le soleil me chauffait le dos. C’était cool… Et, à ce moment là, l’autre crétin perché sur la rochelle explose de rire ! Non, d’abord sournoisement, comme ces enfants espiègles. Puis, franchement et à gorge déployée. « Papa ! Papa ! Viens voir, c’est trop trop ça… » « C’est quoi : trop trop ça ? » « Rien ! Si… La bédé. Là, cette page, elle est trop trop marrante. » Je pose donc mon torchon. La cantatrice s’en fout. Je monte l’escalier. Je trouve Noé plié en deux, hilare, qui me tend l’album dont est extrait le dessin si-dessous. Sans commentaire…
Ouais, bon ! On était là tous les deux à rigoler de la bonne blague qu’on avait faite à l’adulte en moi. Je lui ai dit qu’il fallait absolument mettre ça sur le blogue, que ça me faisait trop marrer. Et puis qu’en plus j’avais sous la main la super Daddy’s playlist des chansons d’un papa-et-son-garçon, imbattable-de-la-mort-qui-tue ! Attention toutefois, on n’est plus sur Radio Classique là !..
En bonus, pendant la promenade, on a parlé de motos, ciné, éventuellement de cul, de la vie et des choses qui vont bien. On a discuté de la crise, d’immobilier, de mangas. Il m’a demandé comment j’arrivais à faire deux trucs en même temps. Il m’a dit « Tu sais papa, j’crois pas qu’il y ait au monde un seul autre papa comme toi. Tu sais, qui discute avec son fils comme tu le fais. En plus, toi tu m’écoutes tout le temps… »

Enfin tout ça pour dire que dans ce monde aussi beau qu’effrayant, là on goûte plutôt du second. Violence, chantage, justice à vitesses multiples, passe-droits (ou pas) pour les anoblis de la connerie… Force est de reconnaître la détermination de nos voisins Suisses sur ce coup. Et pour moi qui devais faire un Genève-Tripoli-Ouagadougou-retour sur Afriqiyah, la compagnie Khadafienne, j’aurais mieux fait d’y aller à pied. Mais j’me suis rendu. Et j’en suis revenu. Le retour a quand même pris trois jours. Et j’vous dis pas l’bordel et les villes par lesquelles on est passé !..
Fatch ! Comme le temps passe… Et je vous le donne Emile « Mon coeur est un jardin de givre. » et bla bla… « Mais qu’est-ce que le spasme de vivre ?.. » Ceci dit, il me semble apercevoir la lumière au fond de l’ornière. En attendant que je veuille bien sortir de mon trou, je nous propose de méditer ces deux petites représentations picturales. Puis je retournerai mater un épisode des Tudors… Bear with me, encore un peu !..


Oh lecteurs de blogs régulièrement alimentés… Quel est le chroniqueur qui un jour n’a avoué à son public son manque d’inspiration ? Ben… J’en suis pas là ! Dites-vous seulement que si Diderot était loué pour son art de la digression, je pourrais l’être tout autant pour celui de la procrastination et l’inconstance ! (Et hop, je ne vaux pas mieux que tous les autres blogueurs…) Mais je ne suis pas loin et de retour bientôt. Bear with me !..




… et à dans trois semaines (si tout va bien…)
C’est bien connu : la fin du monde arrive généralement en dernier… Mais on peut toujours en avoir un aperçu. Voilà donc deux petites animations marrantes, récoltées il a déjà un moment. Elles nous proposent des scénaris catastrophes où l’on peut prendre la pleine mesure du chaos ambiant. Et mon fortune cookie du dernier « chinois » où j’ai mangé disait ceci : Le Monde est un vaste Temple dédié à la Discorde… Quelqu’un leur a soufflé, ou quoi ?.. Bon, dans un premier temps, on se demandera si c’était le bon jour pour arrêter du fumer, ensuite… ben si on comprend pas l’anglais c’est d’emblée moins marrant (mais fallait pas sécher les cours pour aller cloper !..)
Allez-y ! Fouillez caves et greniers. Sortez ces vieux vinyls poussiéreux, vos trésors cachés. Donnez leur une seconde vie et montrez vous, montrez les sur Sleeveface ! Le projet est simple et marrant comme l’était celui de Hollowscreen, ne requiert qu’une pochette de disque, un peu de créativité et un appareil photo. Alors, qu’est-ce que vous attendez ? Lâchez-vous ! (Et merci à Binôme pour le lien…)
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Ca va être mon tour. Thank Léon Blum for ze congés payés ! Qui ont ceci de bien : que c’est congé et payé ! Et pour peu que mon entreprise n’en prenne pas un permanent, de moi ou pendant mon absence, c’est nickel. Je suis officiellement en pré-vacances ! Dimanche prochain, I’ll be on my way ; Noé aura laissé la dame à son arrosage, les hamsters nains à maman et moi, les clés à Binôme qui s’en remettra…

Rien à voir avec un groupe allemand si ce n’est l’aspect électronique de la musique. Ici, le sujet est hors cadre mais ce n’est pas lui qui nous intéresse… quoique ! Prenez un ordinateur, une carte son, un oscilloscope, le matériel ad hoc : bibelots, fils, contacteurs, bagues… Un café à portée de main, une bonne dose de talent et un cadre en bois… Je n’en dis pas plus. (Tiens ! C’est la fête nationnale des Helvètes, là… Cherchez pas, j’suis hors sujet.)
Elle a fait pleurer Noé. La conne ! Il y a un tas de raisons pour toutes sortes de chagrins. OK. C’est la vie. Dont acte. Mais là… L’autre jour Ninotchka avait les bras pleins d’une énorme cage aux hamsters nains. Il la ramenait chez maman après que je les aie eus baby-sittés pendant deux semaines. Il a presque douze ans. C’est toute une pièce d’homme, quoiqu’en beaucoup plus petit. Et après qu’on lui eu dit d’être plus autonome, patin-couffin… non il n’avait pas besoin d’aide. Soit ! Je le regarde partir avec sa grosse cage dans les bras. Il fait soleil. Je remonte au salon. Puis je pars acheter des croissants. Lorsque je reviens avec mon petit sachet, j’aperçois, par la fenêtre ouverte chez ma charmante voisine du rez-de-chaussée, la cage dont on parlait plus haut. Et Midori de m’expliquer que Noé est tout ceci et cela… Bon, je monte. Noé est là avec sa face de mazout, les yeux à raz bord, le cœur plus lourd qu’un poêle en fonte. Je sens que ça va péter. Et ça pète. Et ses paupières se vident de tout un océan de larmes, de tristesse et de colère que mon être tout entier a du mal à contenir. « Arrivé là bas, maman elle était pas là et j’avais pas la clé de la maison parce que maman l’avait prêtée à un ami et j’ai voulu repartir avec la cage et y avait une dame qui arrosait j’sais pas quoi et elle a commencé à m’en envoyer sur moi et la cage et les hamsters et je comprends pas pourquoi elle se fiche de mes hamsters et tu sais papa comment le bouton de la porte il est loin de la porte et j’arrivais pas avec la cage et l’autre qui m’arrosait et la porte elle se refermait toujours et la dame elle voyait bien que j’étais embêté et jamais elle venait m’aider et j’en avais marre j’en ai marre j’en ai marre elle est vraiment trop méchante !.. » Tout ça dit d’un trait, d’un souffle, sans vraiment lever la voix mais avec ces trémolos qui ont fait vibrer au bord de la rupture et de l’effondrement la
porcelaine de mon cœur paternel. « Et tu ne veux vraiment pas que j’aille lui casser la… parler à la dame ? » « Non papa, ça ne sert à rien et je ne la connais pas, je ne l’avais jamais vue…«
Et voilà. Ce n’était pas si tant grand-chose que ça, quand on y pense. Pas de quoi en faire une pendule. Je sais qu’il y a des petits n’enfants qui meurent dans le monde. Mais bon, était-ce vraiment nécessaire ? Et pourquoi l’autre jour il y a une petite fille de l’âge de Noé qui, en levant la tête, m’a vu, a fait deux pas en arrière, m’a ouvert et tenu ouverte la porte d’un « fast-food » dont je sortais avec un plateau bien peu encombré. Et tout ça avec le sourire. Et j’ai dit merci. Et j’étais content. Et pourquoi cette grosse conne avec son tuyau, elle n’aurait pas bougé son cul pour aider un enfant avec sa gage devant une grande grille bien lourdasse et un bouton à quinze kilomètres ? Jusque là, moi innocent, j’pensais qu’les grands devaient montrer l’exemple aux petits… et pas le contraire.
Ah maman ! Moi aussi j’en veux ! Le calcaire chauffé à blanc par le soleil du Quercy. Les murettes et cabanes de pierres sèches. Les moutons traversant nonchalamment cet étroit ruban de bitume brûlant. Les villages aux fiers clochers assoupis dont les cadrans semblent en permanence indiquer midi. Les cours d’eau discrets sous le couvert de vieux chênes rabougris, espérant ainsi ne pas être tirés de leur lit par un jour trop clair et trop chaud. J’en veux ! Je n’ai même pas mis la musique… ni la clim’. Je roule toutes fenêtres ouvertes. L’air chaud s’engouffre et c’est bon. Je passe la place déserte de Limogne, monte quelques kilomètres puis en redescend autant. J’arrive à Cajarc… Pompidou n’y est plus bien sûr, mais je vous le donne Emile, il y a une rue Coluche. « Est-ce que le schlimili…schilimi… schmili… est-ce qu’on peut le mettre dans le biberon des enfants, une fois ?«
Cajarc donc ! Il y a du monde partout ; jeunes ados, vieux ados, sacs à dos… Partout on entend les roulements de Djem bé. Parfois un simple chuchotement. Ailleurs un appel assourdissant au ralliement autour d’une danse transe effrénée. Couleurs et odeurs s’entremêlent. Epices et gingembre chez Mami Wata. Ambre, musc et patchouli de la « bab’itude« . J’y suis. Africajarc, le mini Woodstock Aveyronnais aux échos d’Afrique. Les tresses, les dreads, les locks et même des tout-petits avec pas beaucoup de cheveux, qui courent partout. Alexandra, qui a déjà beaucoup d’avance sur moi, me propose une bière. Partout on palabre à grands renforts de gestes et de rires sonores. Jean-Marc et Anne-Marie tiennent le stand. Natacha, aussi belle et noire que je suis pâle et petit, me montre sur son portable les photos de son fils, Lucas, puis d’autres images, cette fois incongrues, de Cabrel sur la place du village. Elle se marre ! Un peu à l’écart un conteur charme son public. Tam-tam et Balafon plus loin encore. A la buvette un panneau triangulaire prévient d’un « passage de rhinocéros« . Je continue vers la berge. Quelqu’un m’explique qu’Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly ne sont pas copains du tout. Mais alors pas du tout ! Si tout ne les sépare pas, le mur infranchissable s’appelle Laurent Gbagbo. Le premier étant plutôt pour, l’autre non. Aie ! A côté de la grande scène le Lot trop paresseux coule sans faire de vagues. Il s’en fout, lui. On n’a pas dû lui dire pour la Côte d’Ivoire… C’est la fête ! Mon week-end à Cajarc…
Ben môé tou, e’l’sais très bien qui pis quoi pis où…
… mais toujours pas à quoi ça pourrait servir !..
Aussi certain que Saturne a des anneaux, Toulouse a sa rocade (… one to rule them all !..) Je roule. J’ai récupéré ma voiture après avoir fait changer le lève-vitre électrique pour la troisième fois. Ni les Dead Boys ni les Talking Heads n’arrivent à m’ôter de l’esprit la « douloureuse » qui, à force, le devient vraiment. Et c’est seulement en écoutant Lili Boniche, que j’arrive à penser à autre chose…
1988 – 2008… Vingt ans déjà que Pascal Baes annonçait sa filiforme à la porte de ma cabine de projection au Festival du Nouveau Cinéma et de la Vidéo de Montréal ( ouf ! ). Cet inconnu au regard doux avec sa cassette à la main. Pascal avait osé, malgré l’avertissement sur la porte, déranger le projectionniste. Moi, je, avec mon caractère de merde ! Il s’est présenté, m’a expliqué qu’il était danseur. Danseur de rue. Performeur et vidéaste, avec Aï Suzuki. Il avait cette cassette. Il faisait du «stop-motion», de la caméra arrêtée, quelque chose proche de la «pixilation». Qu’on pouvait les voir régulièrement sur le parvis de Beaubourg. Et que s’il y avait moyen de glisser sa vidéo non programmée dans notre Festival, ce serait trop sympa… On a regardé ça ensemble et là… j’ai été bluffé ! Il s’agissait de 46 bis, sur cette musique envoutante de Lili Boniche, outrageusement sensuel, à la fois doux et corrompu. Magique !
À propos de 46 bis : L’indissociabilité du glissé gracieux et de la cassure compensée qui rythme les attitudes des personnages fantomatiques des films de Pascal Baes destucture les postures convenues de la quotidienneté comme celles de la danse en une gestuelle nouvelle.
À propos de Topic I & II : Travail en pose longue, image par image, dans les rues de Prague. Ambiance « Est » sur l’enfermement et l’autocensure, esthétisant et délétère, réalisé grâce à la bourse de la Villa Medicis Hors les murs.
Je n’ai jamais eu la chance de revoir Pascal Baes et Aï Suzuki par la suite, bien que j’ai traîné quelque fois sur le parvis de Beaubourg. Je sais cependant que les deux travaillent toujours beaucoup et on pouvait les apercevoir encore récemment au Potlatch de Nantes. C’était vers la fin mai, début juin je crois… Voilà donc ! 46 bis, Topic I & II et ce magnifique spot publicitaire pour l’Hôtel Paramount, à consommer sans modération.
Je ne sais pas si cela me manque, « pogoter » dans la cage d’un bar punk ou onduler sur du reggae… Il y a cette petite voix dans ma tête qui me dit : « Mais ! Tu vas te lâcher, oui ? Ouaah ! Comment t’es devenu psychorigide avec le temps… » Et aussi ce sentiment bizarre ressenti au concert de Gentleman, de ne pas être tout à fait à ma place. Je ressemble à une caricature de Dude (voir le « Big Lebowski« ) en petit et maigre… Pourquoi je dis ça ? Ah oui ! Je sortais du boulot et j’avais mal aux ch’veux. Je ne sais pas… un début de migraine ? En régie, on avait traité les affaires courantes.
Je gardais un œil sur les retours. Un des moniteurs affichait « Nos 18 ans« , une bluette sur fond d’années ‘80 et je commençais à avoir mal à la tête… Ou si c’était le Patxaran que j’avais bu avant pour fêter un départ ? Et c’est marrant, dans ces moments là, je pense toujours à Max Headroom. Il y a vingt ans, sur vos télés, il se gaufrait en moto. Barrière de parking bloquée. Grosse gamelle. Gros bobo à la tête, Max ! Hé bien, avec l’âge, il y a des choses qui ne changent pas ; moi, les parkings, Max a peut-être un peu vieilli, mais d’autres l’imitent encore très bien…
Pendant que Binôme s’arrache les cheveux avec sa mise à jour d’iWeb je me torture la tête avec celle de WordPress 2.6. C’est pas de la solidarité qui tue, ça ?! Mes permaliens ne fonctionnent plus ; ni les archives, posts simples, catégories, pages dynamiques ou statiques. Erreur 404 ! .htaccess… mod_rewrite… je ne sais pas… Alors excusez, s’ils existent, les dysfonctionnements de ce blog à deux balles. Zou ! j’y retourne…
EDIT ! Ca marche ! J’ai trouvé ceci sur le WordPress Francophone (merci à DLO) :
Il y a un bug sur les permaliens de type PATHINFO (ceux qui commencent par /index.php/) dans la version 2.6 de WordPress. Pour le contourner, il suffit d’ajouter des préfixes de tags et de catégories dans les cases prévues à cet effet sur l’écran Réglages >> Permaliens. Un truc du genre /categorie dans la case Préfixe des catégories et /tag dans la case Préfixe des tags suffit pour rétablir le bon fonctionnement du blog.
En attendant le correctif des développeurs de WordPress, bien sûr…
Le retraité : Je suis en train de m’inscrire sur votre site, mais je ne comprends pas tout…
La Hotline : Ne vous inquiétez pas, on va voir ça ensemble.
Le retraité : On me demande de saisir les coordonnées de l’endroit d’où j’appelle, un numéro de téléphone… Je mets quoi ?
La Hotline, pédagogue : Vous mettez le numéro de téléphone de l’endroit d’où vous vous connectez… De chez vous quoi…
Le retraité : D’accord… Voilà… Ensuite, on me demande une ville…
La Hotline : Vous mettez les coordonnées de l’endroit d’où vous appelez.
Le retraité : Donc, je mets ma ville…
La Hotline : Oui…
Le retraité : Voila… Et maintenant on me demande un code postal…
La Hotline : …
Le retraité : Allô ? Je mets quoi ?
La Hotline, agacé : Votre code postal !
Le retraité, sincèrement désolé : Excusez-moi si je vous embête, mais je ne connais pas grand-chose à l’informatique, vous savez…
Un couple venant d’acheter un ordinateur rencontrent quelques soucis. Le mari appelle donc le service clientèle, explique son problème et se voit répondre un jargon technique incompréhensible qui le laisse encore plus désemparé…
Le mari, poliment : « Ecoutez, pourriez-vous me dire ce que je dois faire comme si vous parliez à un enfant ? »
Le technicien : « D’accord ! Fiston, est-ce que tu pourrais passer le téléphone à ta maman ?.. »
Je n’avais rien de mieux à faire et j’étais frustré de ne pouvoir dépenser ma thune que pour des choses utiles et nécessaires ; acheter un lève-vitre électrique pour la Renault, remplacer un frigidaire, payer les factures… Et c’est là que je suis tombé sur le Musée Virtuel de la Chaussure. Oh ! Non pas que cela ait changé la donne, mais ce fut une belle promenade et qui tombait à pied.


Gengoux ! Je ne sais pas… erreur de frappe ? Je devais chercher le « Genoux de Claire » ou quelque chose dans ce goût là… Je lis… Gengoul, d’après Hroswitha, femme de Lettres avant la… Saint Gengoul (tu parles d’un nom…) Patron des mal-marriés. Damned ! On parle de moi ? Gengoul rend l’âme à qui de droit en 760. Indirectement occis par l’amant de… sa femme qui complotait depuis un moment la mort du saint homme. Jusque là, rien d’anormal si ce n’est ce truc qui me trotte dans la tête. Mais quoi ? Et plus loin… « La Suisse (…) un village qui porte le nom de saint Gingolph est dédié à saint Gengoul. On dit qu’il y séjourna quelque temps retiré parmi les rochers, anachorète se livrant à la contemplation, à la prière et à la pénitence ». Bon sang, mais c’est bien sûr !
Ce devait être vers la fin de ma seizième ou dix septième année, entre deux bons mots et un autre trimestre raté au Lycée Français de Zürich. Les parents de Magalie m’avaient offert trois bouquins qui m’ont accompagnés un bon bout de temps après ça. J’allais bientôt rentrer au Québec. Quand je dis rentrer… à part y être brièvement né, je n’y avais jamais foutu les pieds. Et pour l’heure, tel l’animal mimétique, j’étais encore plus Helvète qu’une croix blanche sur fond rouge…
Le premier des trois livres a été une révélation. Le second, une consolation. Le troisième… fan’ de chichoune ! J’ai oublié. Le second, un ouvrage de Henri Debluë, s’appelait « Et Saint-Gingolph brûlait » et venait de sortir. Debluë a cassé sa pipe il y a vingt ans, et je me sentais chez moi dans ses lignes. Cet homme de théâtre avait été l’un des premiers à dénoncer le système judiciaire suisse et la peine de mort, dans sa pièce « Force de loi« , en 1959. Je me souviens encore des gestes, du roman qui trouve sa place dans une poche du sac à dos, direction Montréal. Si je pouvais juste remettre la main dessus ! Gengoul de l’an mille ! Tu me fais voyager dans le temps…
La révélation… La révélation, c’était « l’Ogre » de Jacques Chessex
. Le Chessex du « Vive rien ! » clamé à la suite de Flaubert (hé oui ! encore lui…) auquel il s’identifiait depuis si longtemps. Le même qui écrivait (si ma mémoire est bonne) dans « l’Imparfait » : « Existe-t-il un regard en moi, et que je n’ai pas encore trouvé, capable de voir tant de scènes dont la mémoire confuse, à la fois éblouie et assommée, hante mes veilles et mes nuits ? » ou encore : « Voici mes traces, ce matin, fais les fondre dans ton jour« …
Et moi ? Je fais quoi après ? Bien incapable d’aligner deux virgules avec un semblant de quelque chose entre… Aarrgh !
L’Ogre donc… Chessex traite ici, à travers une histoire très concrète, très proche du quotidien, très charnelle, d’un drame fondamental : la mort du père. « Détruire son père. En faire un tas de cendres au fond d’une urne. Comme du sable. De la poussière anonyme et sans voix.«
Jean Calmet, 38 ans, est professeur de latin à Lausanne au début des années 1970. Il assiste à la crémation de son père. Il prend alors la mesure de sa solitude et après s’être cru enfin libérer de son père, il prend conscience de son aliénation envers son passé, envers cet homme tyrannique qui lui inspirait la peur. Peu à peu, il sombre dans la folie ou plutôt dans un désespoir profond. Sa rencontre avec Thérèse, jeune étudiante de 19 ans qui devient sa maîtresse, ne fera qu’aggraver sa chute. Incapable d’aimer, d’accéder au bonheur, il s’enfonce lentement vers le suicide…
« C’est le soir que commença son tourment… » En 1973, Jacques Chessex devient le premier auteur suisse à remporter le prix Goncourt pour son roman « l’Ogre« . Roman qui voyagera lui-même en cabine et non pas en soute, quelques quatre ans plus tard, alors que s’éloignaient les rives d’un lac, mon adolescence et tant d’autres choses… Chessex est aussi l’auteur de : « Le Désir de Dieu« , « Allegria« , « Avant le matin« , « Le Simple préserve l’énigme« , « Cantique« , « Le vampire de Ropraz« …
La question

La réponse

Audrey pourrait faire « Angel A does Malibu« , avec Dani de Vito… Ils nous fileraient combien, les studios, si on leur fourguait la fille de Jésus ? Et lui, lorsqu’ il aura l’âge de passer son permis de conduire, il pourrait faire le taxi et transporter des Minimoys sur Sunset boulevard… Au pire, on pourrait les échanger contre du pétrole, des iPhones ou du blé…
Le monsieur : « Vous me dites : pas de majuscules pour le mot de passe. C’est bien ça ?.. »
La dame : « Exact. »
Le monsieur : « … Et… les chiffres, je les mets en minuscule aussi ? »
Allô Papa Tango Charlie…
Et que ma joie demeure ! J’écoute R.L. Burnside sur Radio Paradise. Ca bouge. Ca rebondit, et moi avec. Ouups ! Jehro maintenant. Je chante. Je la connais par cœur (et y en a encore un qui va me vanner…), « I want everything, ’cause… I want everything… » Je suis content parce qu’on a libéré Ingrid Betancourt. Non pas qu’elle, moi, n’importe qui, soit exceptionnel, mais au nom de toutes les libertés. Libertés d’opinion, de mouvement, de religion, d’expression… Liberté d’être libre. Un droit que les FARC ont oublié d’inscrire à leur déclaration marxiste-léniniste. Depuis les années 50, les défenseurs de la veuve et l’orphelin se sont peu à peu mis à les manufacturer ; mais je ne suis pas là pour faire leur procès…
Je suis content parce que, pour une raison obscure, je repense à une parodie du film « Etat de Siège » de Costa Gavras, qu’avait bédéssiné Pilote, le journal qui, un temps, fut drôle. Je suis content parce que je bois un café de chez Bacquié et que je ne suis pas dans la jungle et que j’ai de l’eau chaude ; parce qu’Ingrid Betancourt est libre. Exfiltrée en douceur et sans amertume. Elle et une poignée d’autres. Je suis content, mais il en reste… reste à moudre le cas FARC. Pfff ! Nul ! Je suis content mais j’aimerais que Cano se rappelle : redistribution des terres, réforme agraire, éducation, santé, logement… Narcotrafiquants, preneurs d’otages, terrorisme au lieu de guérilla (dans le premier on a des otages et dans le second, des prisonniers…), on s’éloigne de l’idéal révolutionnaire là… Bon ! Ils ne sont pas les seuls, je sais. Mais je suis content quand même ! Et si, pour le coup, on pouvait nous envoyer un ch’ti hélicoptère pour libérer le destin de la France, pris en otage par un certain gouvernement, je serais encore plus jouasse !
P.S. : Hé ! Mais Uribe, il est quand même pas blanc bleu non plus…
